22 février 2018

Quelle reconnexion avec la nature ?

ALLER À LA RENCONTRE DE LA NATURE

L’idéologie de notre société maintient l’idée d’une séparation d’avec la nature. De fait, elle a été repoussée hors des villes, ou bien n’y subsiste que là où l’on a pu la valoriser économiquement, sous une forme contrôlée. Ce même contrôle est devenu la norme dans nos campagnes. Il subsiste néanmoins des écosystèmes en bonne santé écologique, si l’on sait où chercher. C’est là, dans les forêts, dans les montagnes, dans les réserves naturelles et autres espaces naturels sensibles que se trouve le « non-humain » qui nous grandit et nous guérit de bien des maux de la civilisation. Parce que cette nature, contenue en dehors des murs de la cité, ne viendra pas à nous, il nous revient de faire le premier pas, de sortir de notre zone de confort pour y trouver du réconfort. Aller à l’école de la nature pour puiser son bien-être à la source. Y développer un savoir naturaliste. Se confronter à l’altérité pour ne plus se sentir séparé de la toile du vivant.

Quelques exemples d’activités :

  • Sorties nature

L’organisation de sorties nature constitue une entrée fondamentale dans une approche thérapeutique de la nature. Ce type d’activité peut se doubler de l’intégration d’une dimension sports et loisirs nature tels que randonnées, courses d’orientations, balade à cheval en foret, etc. Ces pratiques nécessitent une préparation minimale et doivent s’appuyer sur une stratégie d’inclusion et d’anticipation sur les contraintes de déplacement.

  • Naturalisme

L’activité naturaliste est une activité intéressante en cela qu’elle permet tout à la fois de s’approprier son environnement et de découvrir une réalité méconnue, celle de son environnement proche.

  • Cueillette et glanage sauvages

La cueillette sauvage est une activité qui nécessite un minimum de formation et de sécurisation notamment si la cueillette vise à la consommation. La cueillette constitue une activité ancestrale qui croise naturalisme, sensorialité et utilisation du produit cueilli. La cueillette est intéressante dans cela elle permet de croiser les sensorialités et les approches et joue sur un travail de reconnaissance et de partage tout à fait efficace.

  • Médiation animale

La rencontre avec des animaux constitue une rencontre constructive et particulièrement riche. Les pratiques de médiation animale permettent de développer des relations communicationnelles d’exception avec des êtres vivants sensibles.

 

RETROUVER LA NATURE EN SOI

Si nous sommes des êtres de culture, nous n’en restons pas moins des êtres de nature avant tout – des êtres sensibles. Nous pensons que la négation de cet état de fait entraîne une grande souffrance, aussi bien physique que psychique. En effet, nous vivons aujourd’hui dans une société qui nous pousse à considérer que tout ce qui a de la valeur est cérébral, et à considérer notre corps comme un véhicule pour ce cerveau mis sur un piédestal. De même, nous sous-estimons notre capacité d’interaction avec le monde par l’intermédiaire de nos sens parce que ceux-ci ont été domestiqués, confisqués par une technologie grandissante et aliénante. Or par un certain nombre d’exercices très doux, il est possible de peu à peu se réapproprier notre corps et nos sens, et de développer ainsi un autre rapport au monde basé sur tant sur l’intuition que sur un savoir empirique – permettant, par exemple, de déchiffrer les signes de la nature pour se repérer rien qu’en lisant son environnement.

Quelques exemples d’activités :

  • Développement de nos cinq sens : prendre conscience de nos sens atrophiés par des décennies d’un environnement artificiel et virtuel, et grâce à des exercices répétés, reconquérir des aptitudes perdues pour voir le monde sous un jour nouveau.
  • Apprendre à lire un paysage : au-delà du chaos apparent de la nature, apprendre à déconstruire notre environnement du regard pour en percevoir l’ordre et la logique intrinsèques.
  • Retrouver sa boussole naturelle : savoir déchiffrer les signes de la nature pour se repérer rien qu’en lisant notre environnement.
  • Affûts : apprendre à reconnaître les traces d’animaux, à se poster où il faut, à être silencieux et patient pour enfin apercevoir le renard, le blaireau, le chevreuil tant espéré.
 

INVITER LA NATURE DANS SON ENVIRONNEMENT

Après avoir quitté la société pour rencontrer une nature en bonne santé entrant en résonance avec notre propre part de nature, physique et intérieure, il convient de rentrer pour réinvestir les lieux dans lesquels nous vivons. Les renaturer pour notre bien-être, celui de l’environnement et de la communauté. Parce que seul un environnement en bonne santé nous gardera en bonne santé. Cela est d’autant plus importants dans des milieux institutionnels qui peuvent facilement, de par leur conception d’origine, être froids et artificiels. Par cette démarche de renaturation, on vise également à retrouver une place moins arrogante dans la biosphère pour apprendre à habiter la planète en voisins, non en propriétaires, et ainsi établir poser les fondations d’un monde durable.

Quelques exemples d’activités :

  • Réintroduire des plantes et de la diversité végétale dans les espace de vie grâce à des techniques adaptées à tout contexte : création de murs végétaux, de vivariums, aménagement de balcons en potagers ou en refuge de biodiversité, stratégies permaculturelles pour plantes d’intérieur, fabrication de bombes à graines, réinvestissement des rues pour semer et planter dans les interstices…

  • Favoriser la présence d’animaux dans les espaces de vie :

    Attirer les oiseaux grâce à un nichoir ou une boule de graisse, créer une petite mare ou un aquarium, fabriquer un hôtel à insectes, favoriser la présence de pollinisateurs en semant des fleurs… Il y a mille et une façons de rendre son environnement plus vivant en y conviant de nouveaux voisins.

  • Intégrer les fondamentaux du design biophilique

    Quand il est trop difficile de renaturer un lieu, encore est-il possible de s’inspirer du vivant pour (re)concevoir nos environnements bâtis, à l’aide de formes, motifs, matériaux et autres allusions à la nature influençant notre cerveau pour y répondre favorablement.

  • Hortithérapie

    Introduire la présence de plantes dans l’espace de vie, notamment la création de jardins thérapeutique, permet de bénéficier des apports psychologiques du jardinage et physiques de l’activité qu’on fait avec les plantes.